Décorer ses leurres souples avec des pigments nacrés et paillettes
Dans ce tutoriel, je vais vous expliquer comment décorer ses leurres souples en surface à l’aide de pigments nacrés et de paillettes de la gamme Breizh Baits. Cette technique est documentée depuis plus de 7 ans sur la boutique, sous chaque fiche produit (rubrique « En Savoir plus »). Aujourd’hui, je vous la présente de façon illustrée et détaillée, étape par étape.
Commençons par couler quelques leurres souples :

Leurre souple fraîchement coulé et transparent, sans rien d’autre que du Plastibaits de base, ici en dureté Low Shore 22.

Si vos leurres ont été coulés avec une faible dureté Shore, l’idéal est de les laisser durcir au moins 24 heures. Ils seront d’autant plus faciles à manipuler ensuite.
Sommaire
- Matériel nécessaire
- Étape 1 — Préparer le support et fixer les leurres
- Préparer le support en bois
- Étape 2 — Coloriage des leurres
- Leurre 1 : coloris vert lançon (Magik Green + Shine White + Dark Green + Flash Gold)
- Leurre 2 : coloris bleu sardine (Blue Green + Magik Blue + Flash Gold)
- Leurre 3 : coloris noir et or (TCP Black + Shine Gold Inca)
- Leurre 4 : coloris Ghost Silver Gold (Silver + Shine Gold Inca)
- Application de paillettes sur le ventre
- Étape 3 — Scellement des nacres et paillettes
- Épilogue
Matériel nécessaire

La liste ci-dessous n’est pas exhaustive. Elle couvre l’essentiel pour démarrer :
- Équipements de protection individuelle (EPI) — gants résistant à la chaleur + lunettes antichoc type chantier. Non visibles sur la photo car sur mon nez à ce moment-là 🙂
- Support en bois résistant à la chaleur — pour maintenir les leurres pendant les travaux.
- Boîte de petites aiguilles — pour fixer les leurres sans les manipuler.
- Petit marteau — pour planter les aiguilles.
- Pince multi et coupante — pour couper les têtes d’aiguilles.
- Spatule ou tout objet résistant à la chaleur — pour faire office de cache et délimiter les zones à colorier.
- Quelques pinceaux fins à poils souples, dont 1 de type Blush — indispensable pour les nacres.
- Pots de pigments nacrés et paillettes Breizh Baits — selon les coloris souhaités.
- Décapeur thermique — pour le scellement par chauffe de surface.
Étape 1 — Préparer le support et fixer les leurres
Préparer le support en bois
Commencer par tracer un trait médian au marqueur ou au crayon, le long de l’une des faces du support en bois.
Fixer les leurres sur les aiguilles

Planter les aiguilles au marteau et les aligner en rang d’oignon sur le support en bois.

1 minute plus tard : couper chaque tête d’aiguille à la pince coupante. ⚠️ Ne pas oublier les lunettes de protection — même réflexe que pour la corde à piano et les tiges Inox. Cette opération permet de bien fixer les leurres souples sans les abîmer.

Fixer les leurres souples sur le support. En général, 3 ou 4 aiguilles suffisent pour maintenir le leurre le plus droit possible, sans le comprimer ni l’étirer.
Choisir le bon pinceau : le Blush
On peut maintenant attaquer la phase de coloriage. On utilisera dans un premier temps uniquement le pinceau Blush. Ses poils courts, souples et serrés sont parfaits : ils se chargent bien en nacres, les retiennent, puis les diffusent sur le leurre sans en mettre partout.
Des pinceaux plus gros et plus larges fonctionnent aussi — vous serez plus rapide — mais avec d’autant moins de précision dans le coloriage.

Le pinceau Blush qui nous intéresse est celui de droite, avec sa terminaison arrondie. Pour le nom des autres pinceaux de maquillage, merci de contacter directement Keith Richards des Rolling Stones — et ainsi ne plus jamais aller à la pêche sans un petit trait noir sous les yeux 🙂
Étape 2 — Coloriage des leurres
Leurre 1 : coloris vert lançon (Magik Green,Shine White, Dark Green, Flash Gold)
On démarre avec un des verts lançon de la gamme : la Super Chrome Pearl # Magik Green, en se concentrant uniquement sur les flancs supérieurs. Le dos sera fait avec un autre vert.

Avant d’ouvrir le pot, le secouer quelques secondes pour dé-tasser le pigment. Lorsqu’on teinte dans la masse, cela permet également de noter ses dosages en volume à l’aide de cuillères doseuses. Plonger ensuite le pinceau dans le pot, le ressortir et, tout en restant au-dessus du pot, tapoter légèrement l’excédent du bout du doigt. À refaire systématiquement à chaque recharge.

Partir d’un bout du leurre jusqu’à l’autre extrémité. Pour cette section d’une dizaine de cm, seulement deux recharges du pinceau ont été nécessaires.

Tourner le support en bois de côté afin de s’adapter à la face du leurre que l’on souhaite colorier, et être à l’aise dans le geste.

1er côté fini, on retourne le support pour attaquer l’autre flanc.

2ème côté fini. On peut attaquer le ventre.
Pour le ventre, on veut un effet nacré naturel et blanc argenté satiné. On utilisera la Super Chrome Pearl # Shine White — plus fine que la Flash White, dont le grain plus gros donne un effet plus flashy.


À ce stade, on pourrait craindre de déborder avec la nacre blanche sur le dos déjà colorié en vert. Pas de risque : la nacre n’adhère que sur le Plastibaits nu, pas sur la nacre verte déjà en place. On obtient ainsi une ligne de démarcation quasi parfaite entre les deux couleurs.


Cerise sur — ou plutôt sous — le gâteau : la Super Chrome Pearl # Magik Green agit comme la série Dual Light Powder. Elle génère, sans rien faire de plus, une couleur supplémentaire par transition sous la lumière : ici un rouge violacé translucide.

À partir d’un leurre transparent et de seulement 2 pigments, on se retrouve avec 4 teintes, dont une caudale translucide. Ce n’est pas fini — on va en rajouter 2 autres très simplement.
Il reste le dos à colorier. Pour obtenir un dégradé avec les flancs hauts vert nacrés tout en gardant un dos plus sombre, on choisit logiquement la Super Chrome Pearl # Dark Green — un vert nacré tout aussi intense, mais plus profond. La force du côté vert obscur si l’on peut dire 🙂

Support bien incliné, on colorie le dos par le côté.



Pour aller plus loin, on ajoute un effet de petits points en or très brillants dans le vert du dos — très pêchant, et qui fonctionne aussi très bien dans le bleu ou le noir. On utilise pour cela la gamme Super Chrome Pearl série # Flash. Ce n’est pas à proprement parler un pigment (elle ne teint pas le leurre), mais une nacre brillante qui agit en surcouche, comme de la micro-paillette avec encore plus de finesse de particule métallisée. Ici : la Super Chrome Pearl # Flash Gold.


Dans l’eau, qui a un indice de réfraction plus élevé que l’air, ces micro-grains or brilleront encore bien davantage.
Leurre 2 : coloris bleu sardine (Blue Green, Magik Blue, Flash Gold)
Passons aux 3 autres leurres plantés sur le support, avec des pigments nacrés différents. D’abord un bleu — ou plutôt deux bleus — que l’on va faire travailler en synergie de dégradé, comme avec les deux verts. Le ventre restera translucide pour l’instant : il servira à illustrer l’application des paillettes.

Super Chrome Pearl #Blue Green : une nacre pigmentée unique en son genre, qui teinte le leurre en bleu turquoise avec des reflets verts irisés.

Flancs hauts terminés. On passe au dos, bleu sardine, donc plus foncé.

Super Chrome Pearl # Magik Blue : un bleu foncé nacré qui rappelle les références « Pro Blue » de certains leurres commerciaux.


On se sert du cache métallique pour localiser la dispersion de nacre. Ici, on ressort la Super Chrome Pearl # Flash Gold pour saupoudrer des particules or sur le dos. ⚠️ Éviter les courants d’air pendant cette phase : la série # Flash est particulièrement volatile.

Leurre 3 : coloris noir et or (TCP Black, Shine Gold Inca)
Pour les 2 derniers leurres, plus petits, on utilise des teintes noir et gris argenté pour le dos, et doré fin pour les flancs, en laissant les ventres transparents.

True Color Pigment # Black : noir c’est noir, mais y’a toujours de l’espoir 🙂

Le TCP # Black est un pigment pur non nacré. Il peut être un peu plus délicat à utiliser au pinceau : il tache vite et on n’a pas le droit à l’erreur 🙂

Super Chrome Pearl # Shine Gold Inca : un concentré de lingots en poudre 🙂

Résultat final pour ce troisième leurre.
Leurre 4 : coloris Ghost Silver Gold (Silver, Shine Gold Inca)
Pour le quatrième et dernier leurre du support, on garde les mêmes flancs dorés, mais on passe sur un gris argenté pour le dos.

Super Chrome Pearl # Silver.

Un coloris que l’on pourrait appeler # Ghost Silver Gold ? 🙂
Application de paillettes sur le ventre
Il nous reste à décorer avec de la paillette haute température le ventre du deuxième leurre. On délimite bien la zone avec une spatule à enduire — ou tout autre objet résistant à la chaleur.


Prendre un pinceau à poils souples. Relâcher les paillettes de façon progressive en tapotant légèrement le manche avec l’index de la main — de façon contrôlée.

Paillette H.T # Silver Hex 0.015 (0.38 mm).

En fonction de la forme et de la taille du leurre, on choisira telle ou telle taille de paillette — ou même un mix de tailles et de couleurs.

Tapoter avec le doigt sur l’ensemble, sans racler, pour finir d’accoler les paillettes proprement.
Nos quatre leurres coloriés, il reste à les sceller. Pour les 4 premiers, on illustre la chauffe de surface. Pour illustrer le Dipping, on coulera 2 autres leurres rapidement — même technique de coloriage que précédemment, voici les pigments utilisés :

Shad de 15 cm coulé en Plastibaits Medium Shore 29 transparent. Forme avec tête intégrée en plastisol, permettant de fixer des yeux holographiques.

Super Chrome Pearl # Shine White (ventre) — Dual Light Powder # Blue to Gold (flancs or) — Super Chrome Pearl # Dark Green (flancs haut + dos).

Super Chrome Pearl # Silver (ventre) — # Shine Gwin Ru (nez + ouïes) — # Shine Gold Inca (tête) — # Blue Green (flancs) — # Magik Blue (flancs haut + dos).
Étape 3 — Scellement des nacres et paillettes
Deux techniques permettent de sceller définitivement nacres, pigments et paillettes à la surface du leurre. Voici leurs avantages et leur mode opératoire respectifs.
Option 1 : chauffe de surface au décapeur thermique
Placer le décapeur thermique à quelques centimètres du leurre, puissance maximale. Laisser l’appareil développer sa chaleur optimale (quelques secondes), puis chauffer chaque face coloriée quelques secondes, sans insister au même endroit. Si le Plastibaits commence à devenir brillant, c’est qu’il se liquéfie légèrement — on a chauffé trop longtemps au même endroit. Attention à la perte de détails sur les leurres qui en comportent.
Une fois l’opération terminée, saisir le leurre par son extrémité non chauffée (donc non collante) et le plonger quelques minutes dans un bac d’eau froide — il s’est ramolli, comme lors du coulage. Laisser ensuite bien à plat quelques jours pour la phase de durcissement :
- Quelques heures sur papier absorbant pour chasser l’eau.
- Plusieurs jours sur surface non absorbante (feuille alu, plaque en verre ou métal).
- Puis stocker dans vos boîtes ou sachets, bien gavés d’attractants huileux.

Ce modèle de décapeur thermique — un vieux Black & Decker des années 2000 — possède une buse amovible plate en extrémité, que j’ai encore aplatie avec une pince. Très pratique pour concentrer la chaleur sur une surface longiligne restreinte.

Une fois le scellement terminé, le leurre ressemble visuellement en tous points à la fin de la phase de coloriage : paillettes, pigments et nacres ont désormais complètement adhéré au Plastibaits.
À défaut de décapeur thermique, un briquet tempête, un petit chalumeau ou une lampe à souder peuvent donner les mêmes résultats. L’essentiel : une chaleur ni trop faible ni trop intense. Si vous débutez, gants, vêtements longs et lunettes dans un local aéré restent fortement conseillés.
Ces techniques fonctionnent aussi pour customiser des leurres souples du commerce. Attention cependant : face à la multiplicité des plastisols industriels aux normes très différentes selon les pays, des essais préalables s’imposent. Si matières brûlées, fumées ou odeurs nauséabondes apparaissent, ne pas insister.
Option 2 : le « Dipping » (trempage / glacis)
Le Dipping — trempage en français — est la deuxième option de scellement. Il permet également de sceller des yeux holographiques sans colle, et crée une couche de Plastibaits brillante et transparente, comme un glacis, avec un effet rappelant le mucus de poissons. Cette couche amplifie encore la brillance des pigments, nacres et paillettes.
Trois règles à respecter pour garantir la réussite :
- Choisir un Plastibaits à faible dureté Shore — plus le Shore est faible, plus le plastisol sera fluide à 180–185 °C, et plus la couche sera fine. Une couche fine ne nuit ni à l’esthétisme ni aux propriétés du leurre (nage, vibrations).
- Ne jamais utiliser un Plastibaits plus dur que le leurre existant pour cette couche de trempage — l’inverse est parfaitement possible.
- Exemple concret — nos 2 Shads de 15 cm sont en Medium Shore 29. La couche de trempage sera en Low Shore 22, voire en Extra Low Shore (Low Shore 22 + 5 à 7 % de Softener) pour encore plus de finesse.

Lorsque l’on devient adepte du Dipping, garder un Pyrex réservé uniquement à cet usage est une bonne idée. La gamme Plastibaits permettant de nombreuses réchauffes, ce Pyrex servira pour de très nombreux trempages avant d’avoir besoin d’être rempli à nouveau.
Mode opératoire : Plastibaits chauffé à 180–185 °C (bien chaud, très liquide). Tenir le leurre par son extrémité — ici la caudale du Shad, entre pouce et index. L’immerger d’une traite dans le Pyrex, en s’arrêtant avant les doigts (gant anti chaleur recommandé pour les débutants). Compter 3 à 4 secondes. Ressortir le leurre, le laisser égoutter au-dessus du Pyrex, puis le plonger dans le bac d’eau froide. La petite bavure en nez de leurre sera coupée plus tard aux ciseaux fins.



Épilogue
Ces techniques de coloriage présentent plusieurs atouts : elles sont ludiques, faciles à mettre en œuvre et nécessitent peu d’outillage. Elles permettent d’obtenir des résultats très satisfaisants, sans aérographe ni compresseur. Elles peuvent servir à colorier intégralement un leurre souple, comme dans les exemples ci-dessus, mais aussi en techniques mixtes — en complément du coulage multicouches dans la masse ou du coloriage aux feutres.
Voilà qui clôture cette première partie du tutoriel sur le coloriage des leurres avec la gamme Breizh Baits. Oui, 1ère partie seulement — car nous n’avons pour l’instant parlé que des leurres souples 🙂
D’ici la suite, que nous vous laissons imaginer, retrouvez nous sur le Groupe Facebook Breizh Baits. Votre participation nous motive à continuer à partager nos connaissances et à vous aider à progresser.
Craftement vôtre,
Niko



